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Géolocalisation et décryptage de l’accidentologie routière en France métropolitaine de 2005 à 2010

2 janvier

De nombreuses donnés libérées sur Data.gouv.fr et répertoriées sur Data Publica concernent l’accidentologie. Michel Goulas, statisticien & geomaticien, membre de l’assocation Adoli (Association pour la promotion de la Donnée Libre) nous éclaire de son point de vue avec des cartes issues de données sur les localisations des accidents corporels entre 2005 et 2010.

 

Les cartographies présentées ici sont issues du fichier de localisation des accidents corporels de la circulation entre 2005 et 2010 diffusé en licence ouverte par le Ministère de l’Intérieur, répertorié ici sur Data Publica et que nous avons associé au produit GeoFla-Communes également diffusé en licence ouverte par l’Institut Géographique National. Ces deux jeux de données sont disponibles en téléchargement sur le portail interministériel data.gouv.fr.

 

460 196 accidents de la route et 27 187 morts entre 2005 et 2010

Le fichier de localisation des accidents corporels recense par accident le nombre de tués, le nombre de blessés graves, le nombre de blessés légers et le nombre de personnes indemnes. Puisqu’il s’agit des accidents corporels, il y a au moins une personne non indemne par accident. Le fichier recense au total 460 196 accidents corporels entre le 1er janvier 2005 et le31 décembre 2010, qui ont provoqué la mort de 27 187 personnes.

 

On dispose également d’informations de localisation :

  • la commune du lieu de l’accident dans tous les cas, sous forme de son codage INSEE.
  • un nom de voie éventuellement accompagné d’un numéro dans la voie, pour 68% des accidents. L’apparente absence de norme dans la saisie du nom de voie rend toute tentative de géocodage particulièrement délicate.
  • plus rarement les coordonnées de l’accident en longitude – latitude.

 

Des données incomplètes dans le temps ou dans l’espace

Dans 18% des cas, on ne dispose toutefois ni du nom de voie, ni des coordonnées. On a constaté la présence d’un code numérique de voie, sans avoir pu identifier s’il s’agit du code Rivoli. Les visualisations France entière présentées ici sont basées sur une géolocalisation à la commune. Une géolocalisation plus précise permettra de distinguer l’événement accidentel selon plusieurs types :

  • urbain / suburbain / rural pour l’environnement
  • autoroute / nationale / départementale / communale pour le type de voirie

A notre grand regret, nous n’avons pas identifié d’information temporelle dans le fichier. Une telle information aurait pourtant été utile pour dégager :

  • des évolutions à long terme (année de l’accident)
  • des saisonnalités (mois de l’accident)
  • une influence diurne / nocturne (heure de l’accident)
  • une influence week-end / semaine (jour de semaine de l’accident)

 

 

La répartition du taux d’accidents corporels, 2005-2010

Source : Ministère de l'Intérieur/Fichier de localisation des accidents corporels

Cette carte présente la répartition du taux d’accidents corporels, calculée comme étant le nombre d’accidents dans la commune, toutes gravités confondues, rapporté à la population de la commune.

Par effet statistique on distingue nettement les grands axes autoroutiers, la plupart des communes traversées ayant une population faible pour un trafic très élevé.

Un même effet statistique fait ressortir des zones ponctuelles en haute montagne, communes de passage vers les stations de sport d’hiver.

Certaines zones se particularisent par :

  • un taux élevé d’accidents corporels (bassin aquitain, côte méditerranéenne, région centre, Paris et sa petite couronne)
  • un taux faible mais constant (département du Nord, côte atlantique en Bretagne et Pays de la Loire). Cette apparente constance est également un effet statistique : ces 2 zones sont en effet principalement constituées de commune à forte population, la variance qu’on observe sur les communes à faible population est ici fortement atténuée.

 

Répartition des communes selon leur taux d’accidents corporels (communes de plus de 2 000 hab.)

Source : Ministère de l'Intérieur/Fichier de localisation des accidents corporels

 

Pour corriger les effets statistiques observés sur la carte précédente, on recalcule la répartition des communes selon leur taux d’accidents corporels en se restreignant aux communes de 2000 habitants ou plus.

La carte confirme alors une prédominance de ce taux :

  • sur toute la côte méditerranéenne
  • le bassin aquitain
  • Paris et sa petite couronne
  • les villes de province sur les régions du centre et du sud de la France.

Le taux est faible :

  • de la côte atlantique en Bretagne et Pays de la Loire, avec la région nantaise.
  • sur les zones urbaines des frontières de l’Est et du Nord.

Répartition des communes selon le nombre total de tués ou blessés graves rapporté au nombre total de personnes impliquées

Source : Ministère de l'Intérieur/Fichier de localisation des accidents corporels

 

Cette carte est représentative de la gravité de l’accident : elle montre la répartition des communes selon le nombre total de tués ou blessés graves rapporté au nombre total de personnes impliquées dans les accidents de la commune.

Les zones qui présentaient précédemment un taux d’accidents élevé sont ici favorisées :

  • Paris et sa petite couronne ont un faible taux de gravité
  • la côte méditerranéenne présente un faible taux de gravité également, mais dans une nette moindre mesure.
  • les régions Bretagne et Pays de la Loire présentent à l’inverse des taux de gravité particulièrement élevés, alors que le taux d’accident y était faible.

Ces 3 analyses constituent une première phase exploratoire du fichier des accidents corporels. Nous procéderons à une deuxième étude sur la base de données géocodées à l’adresse donc avec la possibilité de typer l’événement accidentel selon la nature de la voirie. D’autre part un lissage spatial des données s’avère nécessaire pour gommer les effets de « brouillard statistique » observé sur les zones à faible effectif.

 

Michel Goulas

 

Relire l’interview de Christophe Ramond, directeur des études à l’association Prévention Routière

A propos de l’association Adoli

L’association Adoli est à l’initiative de ces cartographies. Adoli a pour but d’encourager et de favoriser la diffusion libre de jeux de données publiques ou privées en aidant à leur exploitation, notamment par l’utilisation de logiciels libres, et en prouvant leur potentiel par des exemples d’analyses et d’intégration dans des systèmes d’exploitation.


Crédit photo une : Flickr PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales Certains droits réservés par net_efekt

sources des données sous licence libre :
Ministère de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités Locales pour
le fichier de localisation des accidents corporels.
Institut Géographique National pour le produit GeoFla-Communes

 





3 réponses à Géolocalisation et décryptage de l’accidentologie routière en France métropolitaine de 2005 à 2010

  1. jerome cukier dit:

    très sympa (enfin ce n’est pas le terme disons très intéressant). j’avais justement commencé à travailler sur ce fichier. ce qui est intéressant c’est la localisation précise des accidents corporels: quelle intersection, quelle rue est dangereuse? le problème c’est qu’il est malaisé de transformer les points de repères kilométriques sur les routes en coordonnées longitude/latitude précises. c’est plus facile avec les adresses qui sont généralement disponibles dans le cas des accidents en ville.

    j’avais aussi été décontenancé de ne pas trouver d’informations temporelles sur chaque accident. à ma connaissance pas moins de 200 variables sont renseignées pour chaque accident corporel, dans le fichier publié il n’y a que 22 colonnes et rien sur les circonstances de chaque accident. J’avais contacté data.gouv.fr qui m’avait fait comprendre que rajouter le moment de l’accident remettrait en cause la confidentialité des informations. je pense que l’argument (qui vient de la source des données, pas de l’équipe data.gouv.fr) est un peu spécieux.

  2. claire dit:

    Il manque le mash up avec la localisation des radars pour déterminer de leur pertinence / impact sur l’évolution de l’accidentologie :)

  3. Gildas Lemaitre dit:

    Bonjour
    Un tel fichier ne peut pas être crédible, tant les données sont étranges et lacunaires. Je pense qu’il s’agit d’un effet d’annonce du Ministère qui voudrait faire croire à son adhésion aux données ouvertes.
    L’avis de la CNIL sur les BAAC n’a, à ma connaissance jamais existé. Les accidents sont « publics » et tout citoyen devrait pouvoir situer chaque accident sur la route et dans les rues à partir d’un fichier expurgé de ses données nominatives, ce qui est le cas des BAAC.
    Pour info :
    http://ertia2.free.fr/Pages_liees/Transparence_%20donnees%20routieres_v2.pdf

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