Données publiques, Open Data & Data Store

Bienvenue. S'inscrire ou s'identifier
ciné

Paris et le cinéma carte-postale : petit exercice de datajournalisme

16 janvier

L’opendata s’enrichit chaque jour de nouvelles et surprenantes données : parmi celles-ci, les lieux exacts des tournages ayant eu lieu à Paris de 2002 à 2008. Un fichier idéal pour s’exercer au datajournalisme et croiser les données. Une démo made in Nicolas Kayser-Bril.

La France, tu l’aimes ou tu y habites

D’après une étude de la BBC, la France est parmi les pays les plus aimés au monde. Dans 25 des 27 pays où a été réalisé le sondage, une majorité de répondants ont une bonne opinion de l’hexagone (voir l’étude au format pdf). Dans le même temps, les Français ont très peu d’estime pour leur propre pays. Un sondage réalisé en 2006 par l’université de Chicago a montré que la France était dans le dernier quart du peloton dès qu’il s’agissait de fierté nationale (voir l’étude au format pdf).

Pourquoi un tel décalage ? Les étrangers voient-ils en la France des aspects que ses habitants eux-mêmes ignorent ? Ou bien les Français ont-ils conscience de l’énorme fossé qui sépare la France imaginée de la France réelle ?

Le magazine Slate offre un élément de réponse en enquêtant sur le syndrome de Paris. Certains voyageurs idéalisent tellement la ville qu’ils en tombent malade en voyant la différence entre l’imaginaire et la réalité.

Responsables (en partie) de cette maladie, les films montrent souvent une vision idéalisée de Paris. La différence est d’autant plus grande que les films étrangers ne montrent quasiment que les plus beaux endroits de la capitale. N’est-ce pas monsieur Allen ? Que serait un film sur la France sans accordéon ni Tour Eiffel ?

 

Les étrangers préfèrent la rive droite

A partir des données mises en ligne par la ville de Paris et répertoriées sur Data Publica, Data-Publica a retrouvé le pays d’origine de près des deux tiers des réalisateurs des scènes filmées à Paris. Soit 3300 scènes tournées par des Français et 1250 scènes tournées par des étrangers. Que constate-t-on ? Près des trois quart des scènes tournées par des réalisateurs étrangers se déroulent dans la moitié la plus riche de Paris (les 1er, 4e, 5e, 6e, 7e, 8e, 9e, 15e ou 16e arrondissements, selon le revenu médian des ménages à consulter sur Data-Publica). En comparaison, près de 60% des scènes tournées par les réalisateurs français l’ont été dans la moitié la moins riche.

 

Dans G.I. Joe: Le Réveil du Cobra, par exemple, on se castagne dans les très proprets 8e et 15e arrondissements. L’équipe G.I. Joe aurait pourtant beaucoup moins de chances de se faire voler ses scooters volants à Bagnolet qu’à Paris (la police recensait en 2009 2,6 vols de deux-roues pour 1000 habitants à Paris contre 1,6 en Seine-St-Denis).

Voyez par vous-même les lieux de tournage des réalisateurs par nationalité en choisissant un pays dans le menu déroulant en haut de la carte.

Les perceptions de la France ne s’expliquent bien évidemment pas uniquement par les lieux que nous montrent les films. D’une part, les réalisateurs français réussissent très bien à transformer les quartiers dans lesquels ils tournent. A voir le 18e arrondissement d’Amélie Poulain, on se demande où se trouvent les 9600 personnes qui y vivent avec moins de 400€ par mois (selon les revenus fiscaux par unité de consommation de l’INSEE). D’autre part, les Français ne regardent pas que des films français, loin de là. Une étude disponible sur Data-Publica affirme que près d’un tiers de la population, et la majorité des moins de 24 ans, préfère les films américains.

Données ouvertes et liées

Au-delà des lieux de tournage, cet article montre surtout l’étendue des possibilités qu’offre l’ouverture des données publiques. La mairie de Paris a mis en ligne le répertoire des autorisations de tournage qu’elle a délivrés depuis 2002 – ce qui ne lui a rien coûté. En utilisant le logiciel Google Refine, ce fichier a pu être facilement connecté au « Web de données », expression qui désigne les données en ligne structurées et lisibles par les machines. Les noms des réalisateurs ont été reliés automatiquement à leur fiche sur Freebase (l’équivalent de Wikipédia lisible par les machines), qui donne, entre autres informations, leur pays d’origine.

Le projet a ensuite été traité grâce à Google Fusion Table afin de produire la carte ci-dessus. Les points ont été géolocalisés automatiquement, si bien que la carte contient encore des erreurs. N’hésitez pas à consulter le document source pour indiquer les bugs afin que nous les corrigions !

En allant plus loin, on pourrait relier les données de la ville de Paris avec les extraits correspondants sur un site comme Anyclip et montrer directement les vidéos des scènes tournées dans telle ou telle rue. Et tout comme il existe des tours operators qui vous emmènent sur les traces de Harry Potter ou sur les lieux de tournage de Twilight, les données ouvertes par Paris pourraient permettre à quiconque de se faire un itinéraire sur les traces de ses héros préférés.

Grâce au web sémantique et à quelques outils gratuits, on voit comment un fichier insignifiant pour une mairie peut devenir très utile, voire très rentable, pour beaucoup d’autres.

Documents à télécharger :

 

Source : Nicolas Kayser-Bril pour Data Publica

Creative Commons License

Paris et le cinéma carte-postale : petit exercice de datajournalisme de Nicolas Kayser-Bril est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution 3.0 non transposé.

Crédit Photo Une homepage : Midnight in Paris, Woody Allen (2011) Gravier productions





4 réponses à Paris et le cinéma carte-postale : petit exercice de datajournalisme

  1. matv dit:

    Comme vous le mentionnez, aller plus loin en incluant les extraits serait un bel aboutissement. Je recommanderais à ce titre vodkaster.com, plus abouti que Anyclip et français !

  2. ODIER Bernard dit:

    Excellente illustration de la techno, bravo

  3. georges clooney dit:

    Bon article mais respecter la licence ville de Paris lorsqu’on reutilise ses données en citant la source c’est mieux. Je parle de la reprise dans FusionTable des données sans utiliser le champs « About ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>