Le programme idéal contre la pollution, la délinquance, les accidents et pour le pouvoir d’achat
3
février
Précédemment, nous avions constaté que le bac était la solution aux problèmes d’obésité, au chômage et au pouvoir d’achat. Dans ce deuxième épisode consacré aux remèdes miracles, nous réaliserons à quel point supprimer l’objet de consommation symbole de notre développement économique pourrait être bénéfique. En toute mauvaise foi.
Attention lecteur, il s’agit d’un court article dans lequel j’ai complètement abandonné toute notion et ambition d’objectivité. Sache que j’ai décidé de faire dans la démagogie la plus totale et de pratiquer la stigmatisation à outrance. Voici donc un portrait à charge uniquement du joujou le plus précieux que 83.2% des ménages français possèdent, chérissent et maudissent chaque jour : non il ne s’agit pas du Rafale ou du char Leclerc qui nous côutent assez cher comme ça, mais de la voiture, la tuture, la dodoche, la bagnole, la caisse.
Le programme des programmes
Puisque nous sommes en période électorale, alors je me permets de suggérer à tous les candidats cet unique programme, que même le plus écologiste n’oserait pas proposer, pour faire d’une pierre non pas un deux ou trois coups mais cinq ou six au moins : supprimer la voiture ! Ainsi pour gagner du pouvoir d’achat, réduire la délinquance, combattre efficacement la pollution, limiter le nombre d’accidentés et de tués sur la route, et donc diminuer en même temps le coût de la protection sociale, il n’y aurait pas meilleure solution. C’est d’une telle évidence pourtant !
Motorisé ? Non, surmotorisé !
Paradoxalement le bien de consommation le plus précieux possédé par chaque ménage (bien avant la bague de fiançailles de madame ou l’écran plat de monsieur), ne rentre pas dans notre logement. Non le plus souvent, il dort dehors, dans la rue, ou pour les plus fortunés dans leur garage ou leur place de parking.
Et c’est vrai qu’en ayant fait de cet instrument le support de notre développement économique, on comprend mieux qu’au taux de motorisation corresponde le niveau économique d’un pays. C’est comme ça et cela parait évident sur cette image qui représente le taux de motorisation pour 1000 habitants.
Ce n’est plus une domination, c’est un diktat : on se sert à 82% de notre voiture pour nos transports.
Nous sommes si bien équipés en véhicules automobiles qu’avoir deux véhicules ne suffit plus : un ménage sur trois possède au moins deux voitures. (voir le détail par département ou par région)
Gagnons du pouvoir d’achat
Prenons la Clio III 5 portes 5CV dont l’acquisition nous coute un crédit annuel de 2800€ + l’assurance 576 € + l’entretien 700 € + le carburant 735 € + les péages 165 € (source de ces données) : soit environ 5000 € ce qui pour un ménage au revenu moyen représente presque un quart des revenus…
Belle économie annuelle en perspective de quoi relancer l’économie et acheter bio ET français en même temps.
Gagnons de la sécurité
Nombre de décès par million d’habitants
Certes la France a fait des progrès et nous ne sommes pas les pires conducteurs d’Europe
Il n’empêche que les dégats causés par l’insécurité routière auront quand même couté à la France de 1985 à 2008 plus de 192 000 morts et 4 200 000 blessés dont 975 000 graves... (On est intervenu dans des conflits pour moins que cela).
Libérons la fonction publique de tâches ingrates
Savez-vous combien d’infractions au code de la route ont été verbalisées en 2009 ?
21 350 669… Imaginez le nombre d’heures de travail et le coût consacré par notre administration à traiter cette somme d’infrations
Dans un fichier consacré à ce thème très précis des infractions et délits routiers, on peut même s’amuser à voir les infractions ayant explosé entre 2008 et 2009.
Les 10 plus fortes augmentations
Les 10 plus fréquentes infractions

Pour faire baisser la délinquance : supprimons les véhicules !
En regroupant les délits par thème, on réalise que quatre des cinq actes de délinquance qui présentent les plus grands volumes sont presque tous liés à l’automobile :
- Vols à la roulotte
- Autres vols simples contre des particuliers dans des locaux ou lieux publics
- Destructions et dégradations de véhicules privés
- Vols d’automobiles
- Vols d’accessoires sur véhicules à moteur immatriculés
Ces cinq actes représentent à eux seuls environ un tiers des délits en France ! Cette proportion a toutefois diminué ces dernières années, tout comme le volume de ces délits, comme on peut le constater dans le graphique suivant.
Quant aux faits de délinquance impliquant des véhicules (deux roues, voitures et autres), ils représentent près de 18% de l’ensemble des faits constatés en 2010 (contre 27% en 2002).
Supprimons la pollution et diminuons les causes du réchauffement climatique
Enfin, plus évident encore supprimer la voiture, c’est améliorer la qualité de l’air. Il ne faut pas oublier qu’en France, le trafic routier est responsable de :
• 90 à 95% des émissions de monoxyde de carbone et Plomb
• 60 à 70% des émissions de NOx et d’HC
• 30% des émissions de particules
Quant au réchauffement climatique dû au CO2, on peut se rassurer en se disant qu’avec nos 30 millions de voitures roulant en France on est loin des 220 millions de véhicules circulant en Chine (combien depuis le 1er janvier ?) et que notre impact est d’autant plus limité que les véhicules neufs produisent 18% de CO2 en moins depuis 2003.
Sur ce je vous laisse méditer sur mon programme miracle, j’ai rendez vous avec un candidat qui m’a demandé conseil pour acheter un véhicule de marque française.
Benjamin Gans, INRIA
3 réponses à Le programme idéal contre la pollution, la délinquance, les accidents et pour le pouvoir d’achat
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Bonjour
C’est en effet un beau programme (les arguments sont recevables) mais il est applicable uniquement aux 15% de la population qui ont la chance d’avoir des transports en commun.En région, la réalité est toute autre : il faut une voiture ne serait-ce que pour aller chercher le pain ou les enfants à l’école ou même aller travailler, même si les initiatives de covoiturage sont de + en + nombreuses.
J’habite en zone rurale et je travaille en centre ville d’une métropole et en admettant qu’il y ait des transports pour faire mes trajets quotidiens (ce qui n’est pas le cas), cela me prendrait environ 3 heures le matin pour venir bosser et pareil le soir !
Je ne pense pas être la seule dans ce cas

N’oubliez jamais les petits gars en région, tout ne se résume pas à Paris et sa couronne…



Excellent! Vraiment votre site est une mine
Et il y a même des données suisses, un vrai bonheur